[ a m o u r ]
Apod
Arnaud Maïsetti
L'Atelier des icônes
Aux bords des mondes
Barbotages
Belle noiseuse
Bloc-notes du désordre
Candice Nguyen
Carnets de JLK
Charles Pennequin
Le Clavier cannibale
(dit janu)
L'Employée aux écritures
Entrée Ouest
Et pour madame ?
Etc-iste
Europa Film Treasures
Fenêtres open space
Flissingski
Le Fourbi élastique
Fred Griot
Fuir est une pulsion
Futiles et graves
Futura-Sciences
Insula Dulcamara
Jamais je n'aurais dit ça
Journal Littéréticulaire
La
Liminaire
Lignes de fuite (liens)
La Main de singe
Ma vie et celle des autres
Notules dominicales
Oeuvres ouvertes
Pas la peine de crier
Paumée
Petite racine
Poezibao
Publie.net
Questionnez vos petites cuillers
Recherche en histoire
visuelle
Remue.net
Retors
Les Rêves (de Léda)
Rezo
RougeLarsenRose
Rue des Douradores
Scriptopolis
Séries
Silo
Le Tampographe Sardon
Tentatives
The One Shot Mi
Tiers-Livre
Totem
Traces et trajets
UbuWeb
Soubresauts
xkcd
|
vendredi 28 décembre 2012
Réveil vers neuf heures. Dans la cuisine avec les garçons pendant que Be. autour de nous rassemble ses affaires et boucle son sac. Longs adieux, on se voit si peu souvent. Après son départ, dans la maison calmée par le départ d'une seule, comme s'il fallait aux autres le temps d'absorber l'absence, je m'installe au soleil sur le parquet du salon et lis le petit livre sur les grottes de Pont-Saint-Esprit. Du coup, je reprends le texte du chapitre où je parle des grottes, pour y ajouter de beaux exemples de "gravures animées".
Gu. est parti au petit matin pour Lyon, et l'enterrement de sa grand-mère. Étrange apathie apparente, aucun sentiment exprimé au sujet de cette mort survenue dimanche, ni de sa part ni de la nôtre. Drôle d'humanité, et terrible chose que le silence à l'intérieur des familles. Mal à l'aise d'être dans ce filet, mais aucun effort de ma part pour le rompre. On ne parlera pas de cette mort, Gu. et moi.
Après le déjeuner le grand-père Se., G. et Gu. partent se promener en voiture avec le petit garçon, je reste avec le grand, bataille navale, hélicoptère télécommandé. Plus tard j'appelle ma mère de la terrasse avec le téléphone de G., puisque le mien est resté à Paris, et en parlant je regarde le ciel. Après avoir raccroché je photographie la Lune et Jupiter avec l'appareil photo automerdique qui ne laisse aucun réglage possible, je déclenche et je prends le résultat comme il tombe. On s'en arrangera.
On se couche tard, mais je lis quand même Keith Richards.
 
jeudi 27 décembre 2012
Réveillé en sursaut par le petit garçon qui débaroule devant la chambre, annonce qu'il se sent mal et vomit sur le seuil. Je dors encore en passant la serpillière et l'éponge, ce qui est une chance. Plus tard, on marche à quatre, avec les enfants, vers la gare de Loriol, bizarrement excentrée — tout au moins par rapport à ma perception de tronquée la petite ville et des quelques rues que je connais un peu.
C'est pour changer les billets, on partira quelques jours plus tôt, parce qu'aucune voiture n'était disponible pour nous conduire à la gare TGV le 1er janvier. Pendant qu'on attend notre tour une affiche attire notre attention : les horaires des trains quotidiens pour Avignon, aller et retour. On se prend à rêver. Si on prenait le 9h48 pour revenir avec le 17h16 ? Une journée dans la belle ville, montrer aux petits les remparts, le palais et le pont ? On demande le prix, combien dure le voyage, rêverie matérielle. Demain ?
Au retour, en passant par le bureau de tabac j'achète un petit livre sur les grottes ornées de l'Ardèche, publié par les éditions du Dauphiné libéré. Éternel retour à mes lubies, ressassement toujours de ce qui se passe dans la grotte, un psychanalyste me lirait comme un livre d'école.
L'après-midi longue balade au bord de la Drôme avec le grand fils, à vélo le long de la rivière, dont l'eau est blanche et verte, d'un vert de jade très pâle. On pédale longtemps. Dès que la rive le permet on laisse les vélos contre un énorme saule têtard et on descend sur la berge, dans la vase et les plantes d'abord, puis à travers les sables détrempés par les rigoles, enfin sur les galets, et l'eau qui frise au bord, large et bruissante, glacée, venue tout droit des montagnes.
La lumière est de fin d'après-midi, de fin du monde, de fin de règne. Mais la quiétude est grande, alors on reste un long moment. D'abord on fait un concours de ricochet, en choisissant les galets plats avec des gestes et des mots d'experts. Ensuite on rivalise en lancers, on compte la distance, et puis la précision, et finalement le poids des pierres, qu'on jette à quatre bras en poussant des "han" et en riant quand nos projectiles nous éclaboussent.
Le crépuscule arrive sur la route du retour, on allume les phares, les dynamos chuintent et le garçon pipelette tout du long, j'imagine un ruban de paroles sorti de sa bouche et flottant au vent derrière lui, comme les paroles de l'archange dans les annonciations de Fra Angelico.

mercredi 26 décembre 2012
Journée calme de lecture, de jeux avec les petits, de conversations avec les adultes, en préparant les repas. En fin d'après-midi, la nuit déjà tombée, je sors courir. Jogging noir, polaire gris foncé, ipod noir dans la main, dans la nuit je m'y glisse.
C'est la même route que l'autre jour, le même chemin de terre, les mêmes saules et les mêmes platanes, les mêmes vergers et même la maison du facho, les fermes, mais tout est changé, plus beau, fondu dans le clair de lune.
Au bord du petit canal pour les étirements, mais les voisins qui arrivent en voiture et me découvrent dans leurs phares, s'inquiètent, déchargent le coffre de leur voiture sans me quitter des yeux. Je rentre dans les rues désertes comme un ninja qui va égorger un homme pour de l'argent.
J'arrive à la maison au moment où Pi. se gare devant, on monte ensemble. Gu. a retrouvé l'enveloppe perdue, Pi. est immensément soulagé, si théâtralement qu'on en rit. Puis préparation de la fondue savoyarde, pour dix personnes. Le petit garçon, très gourmand, en sera malade dans la nuit.

mardi 25 décembre 2012
Réveillé vers huit heures par la voix de Be. de l'autre côté de la porte, les enfants comprennent immédiatement pourquoi et bondissent de leur duvet, je n'ai pas leur ressort malgré la belle lumière qui filtre à travers le drap de la porte-fenêtre, j'enfile un pantalon et une chemise en ouvrant alternativement un oeil et puis l'autre, mais les deux ensemble je n'y arrive pas. Je suis le dernier, pieds nus sur le carrelage, à découvrir le sapin, les paquets brillants et les mômes excités. On les aide à déballer, on déballe pour nous aussi, j'emporte des bouquins, un caban et une bouteille d'excellent whisky, G. aussi a l'air contente de ses cadeaux.
La grand-mère vient déjeuner. Le grand, qui joue avec son hélicoptère radioguidé, provoque par hasard un court-circuit de la minuscule batterie lithium-ion qui se met aussitôt à gonfler en devenant brûlante. Je sépare en catastrophe les deux fils en contact, mais trop tard, la petite batterie est fichue. On reste un moment, lui et moi, dans l'écho de cett epeur, de la minuscule explosion évitée. On se ressaissit et on en commande aussitôt une nouvelle sur internet.
Pi. a égaré une enveloppe contenant un "bon cadeau", il devient fou, retourne la maison, n'arrive pas à revenir dans le cercle des conversations et du confort.
Messages à l'amie Ka. dans son lointain Québec, à E., à C. Nombreux signes d'amitié légère reçus sur Facebook pour les photos que je poste. Aucune solitude ici, au contraire, petite foule des amis chers au loin.
Le soir dans Life je lis le récit des premiers succès, cette fièvre, le grand réacteur qui pousse dans le dos.

lundi 24 décembre 2012
Réveillé vers huit heures encore, mais pas levé avant neuf heures bien passées. Avant G. pour une fois, de quelques minutes. Petit déjeuner des garçons, en buvant le café préparé par Be. et Am., les premières levées. Matinée vite passée. G., Am. et notre grand fils partent en courses, reviennent avec un vélo neuf pour le garçon, qui sourira toute la journée de cette veine-là.
Comme je n'ai rien à lire, j'avais demandé à G. de regarder certains titres à la librairie du centre comercial. Elle n'a rien trouvé de ce que j'avais noté au dos d'une enveloppe reprise dans la poubelle, mais elle a déniché Life, l'autobiographie de Keith Richards, écrite avec un journaliste. Un peu de lecture rock, parfait pour accompagner l'ivresse que me donne le médicament depuis quinze jours
Après le déjeuner, il part avec sa mère à vélo tous les deux, G. ayant emprunté le biclou de sa soeur, tandis que je marche dans le village avec le petit garçon et l'appareil photo. Quand le petit veut rentrer parce qu'il a froid et envie de jouer avec sa console, je continue tout seul, et photographie les rues de la ville en fumant des cigarettes. Au retour je poste les images sur Facebook.
En fin d'après-midi je regarde Le Dictateur avec les garçons. Paulette Goddard est sublime, mais je trouve Chaplin parfois trop démonstratif, lourdingue. Le discours final qui m'émouvait autrefois me paraît aujourd'hui naïf et sentimental. Et pourtant il fut prononcé en des temps moins propices à la naïveté et à la sentimentalité qu'aujourd'hui.
Pi. et Se. arrivent pour l'apéro. On dîne tous ensemble, même la petite reste éveillée jusqu'à onze heures du soir. P. fabrique, avec de l'alcool pur fourni par un de ses amis, une liqueur de verveine qu'il nous fait goûter, le parfum de plante est étonnant, mais elle est beaucoup trop sucrée, on risque la nausée à chaque gorgée. Quand les enfants sont endormis, ou qu'on le croit, on dépose les cadeaux sous le sapin et on va se coucher. Il est une heure du matin. Je lis encore un moment au lit, le début de Life, l'enfance touchante de Keith, l'enfant trop petit et trop jeune en classe, comme mon fils aîné.
       
dimanche 23 décembre 2012
Réveillé à huit heures par la lumière qui traverse le rideau improvisé, un drap accroché à la porte-fenêtre de la terrasse. Traîne au lit jusqu'à neuf heures et quart, en lisant. Me lève, prépare les tartines pour les enfants qui jouaient en pyjama. Après le café gribouillé deux phrases et puis on sort, avec les garçons et le ballon de rugby.
On monte dans le brouillard jusqu'au château, dont il ne reste que deux pans de mur, presque rien, sur la butte de terre. Je joue contre les garçons, eux se font des passes et tentent de me contourner et me plaquent au genou, je pose alors le ballon dont ils s'emparent, ils foncent vers ma ligne d'en-but, alors je cours derrière eux et je les plaque le plus théâtralement possible, leur petit corps léger que je crains de casser, on se roule dans l'herbe et la gadoue, on rigole, on a le souffle court. On transforme les essais entre les deux branches en V d'un poirier étêté. Je perds avec plaisir.
On laisse le brouillard au sommet de la colline et on redescend en courant dans les minuscules rues pavées. Sur la place de l'église, le petit veut passer dans le tunnel, un boyau étroit et noir qui passe en dessous de l'église, de part en part. Il passe une fois, une deuxième. Alors je l'entends hurler. J'accours, le temps de contourner l'édifice, et je découvre un petit gars en pleurs. Il s'est cogné le crâne contre le plafond du tunnel, contre les grosses pierres pleines d'angles. Je regarde entre ses cheveux et je vois une longue plaie nette, gorgée de rouge vif. Je dis "aïe", la voix tenue, maîtrisée, calme, "tu t'es fait mal, il va falloir aller à la pharmacie", et le petit incrédule porte la main à sa tête et regarde avec stupéfaction sa main rouge, toute rouge, un beau rouge propre et net qui poisse sa paume et ses cinq doigts, alors il se met à hurler et à trembler, parce qu'il voit son sang et son corps ouvert, sa tête ouverte à tout vent.
Je le prends dans mes bras, je le tiens, il se blottit en pleurant toujours, et on fonce à la maison. Je prends des compresses à la salle de bain pendant que sa grand-mère dorlote le petit toujours tremblant, et que sa mère qui ne veut pas voir la blessure appelle pour savoir où se trouve la pharmacie de garde. On me dit où, je reprends le petit et on fonce. À la pharmacie, il refuse de quitter mes bras, se blottit dans mon cou, pleure encore quand je lui explique qu'il faudra peut-être recoudre un peu, que ce n'est rien, que ça m'est déjà arrivé plusieurs fois, et à son frère aussi. C'est enfin notre tour, le pharmacien nous fait passer derrière son comptoir, dans une petite pièce qui sert de réserve, il y a un ordinateur et de quoi panser les bobos. Il nettoie la plaie, regarde, dit qu'il faut recoudre, qu'il faut aller chez le médecin de arde, à Livron, à quelques kilomètres d'ici, nous donne le numéro de téléphone et les directions à suivre. je rentre à la maison, réquisitionne la grand-mère et sa voiture, et on part.
En pasasnt le point de Livron qui enjambe la Drôme verte et bleue je réalise que mon jogging m'avait conduit jusqu'ici, en contrebas, au bord d ela rivière, que je n'avais pas vuen à cause de la lumière déclinante et d'un rideau d'arbres. L'humidité et la fraîcheur que j'avais senties venaient de la proximité de l'eau, grosse et rapide en cette saison.
On trouve avec un peu de peine la maison du médecin. La grand-mère repart rassurer les autres, car nous n'avons pas pris de téléphone, dans la hâte de partir. J'attends un peu avec le petit gars redevenu bavard, on lit ensemble une bande dessinée trouvée dans la salle d'attente.
Le médecin nous reçoit, regarde et agit vite. Il ne cesse de parler au petit, détourne son attention, semble vouloir le saouler de paroles avant même de lui administrer l'anesthésiant. La piqûre de xilocaïne paraît douloureuse, le petit crie quand l'aiguille pique son crâne, il serre fort ma main. Puis il s'amuse d'être à moitié caché sous le papier vert du champ opératoire. Crie encore quand le médecin passe le premier fil, apparemment l'anesthésie n'a pas bien fonctionné. Crie encore au deuxième fil, mais le médecin va vite, la couture est déjà terminée, le garçon dans mes bras, soulagé, pâle. On paie, on discute un peu avec le médecin, on le remercie, on sort, la grand-mère est là, avec un sac de papillotes et des clémentines pour le courageux. On rentre en roulant doucement.
Loriol est dans le brouillard, alors que le soleil brillait sur Livron. Quand on arrive à la maison, juste après l'accueil enthousiaste fait au petit blessé recousu, ma compagne me tire à l'écart et m'apprend la mort de la grand-mère de Gu., Celle qu'il n'aimait guère et qui était malade depuis longtemps. Mais c'est très étrange, personne n'a l'air triste, surtout pas lui.
    
samedi 22 décembre 2012
Apparemment passé la nuit à donner des coups à G. en me retournant, j'en ai conscience dans mon sommeil mais sans en avoir la volonté. Cela deux ou trois fois. Elle soupire, je m'écarte. On se rendort sans s'être éveillé.
Réveillé à huit heures par la lumière et le bruit du petit garçon qui cherche la porte dans cette chambre dont il n'a pas l'habitude. Puis la petite pleure de l'autre côté du plancher, dans la chambre du dessous. J'entends les autres se lever mais je reste au lit, dans des rêveries demi-conscientes, jusqu'à neuf heures. Quand je me lève enfin, bonjour collégial dans la cuisine, G. fait la gueule. Je devrai apparemment payer l'heure passée au lit tandis qu'elle s'occupait des enfants. Je prépare du café, les tartines pour les garçons, lave la vaisselle, récure l'évier, sans doute pour repousser le reproche muet.
Les autres partent au supermarché, je vais à la boucherie, fume en chemin, passe devant l'impasse de l'Étrangle-chat. Rentre, me douche, sort drapé dans une serviette au moment où les autres arrivent.
Après le déjeuner je ne sais plus ce qui se passe, mais vers cinq heures je pars courir, en direction de la campagne. À chaque embranchement je choisis le chemin le plus étroit, le plus sauvage, ou celui qui paraît tirerle plus loin vers l'opposé de la ville. Très vite je cours sur des chemins de terre détrempés et boueux, entre des flaques grandes comme la guerre de 14, le long des champs nus et des vergers en bois noirs. Au retour je passe devant une grosse maison illuminée, sous la véranda une large affiche portant la flamme tricolore du Front National, et dans le jardin un grand mât avec le drapeau qui pendouille au bout. Je ralentis en levant le majeur.
En courant j'écoute un podcast, une émission scientifique sur les quanta et la non-localité, dont les flottements conceptuels vont très bien avec l'espèce de stupéfaction dans quoi me plonge l'effort physique. À la maison je fais des pompes et des étirements dans le garage, entre les odeurs des moteurs et des caisses de fruits. J'aime ce que le froid donne de coupant aux odeurs.
Le soir, après un dîner de soupe à l'oignon qui contient des siècles de culture familiale, et que je mange étonné, comme de l'anthropologie dans une assiette, je me couche tôt, lit un peu L'Infini d'Isabelle et tombe dans une nuit sans rêve, car les garçons dorment cette fois dans la chambre de la petite Ca., qui dort dans la chambre de ses parents.

vendredi 21 décembre 2012
Dernier jour du monde, prévu pour six heures ce soir. On se lève à six heures du matin pour prendre le train. S'habiller dans la nuit, habiller les enfants encore hagards, qui n'arrivent pas à ouvrir les deux yeux en même temps. Porter les gros sacs jusqu'au métro — ça, c'est mon travail. On arrive à la gare avec beaucoup d'avance, plus que prévu.
Foule, les enfants s'assoient sur les sacs, les adultes restent debout, on discute tournés vers le panneau lumineux. J'aime attendre le train, ce moment de juste avant, le moment qui précède le moment du départ — de la même manière que les derniers jours de l'hiver sont encore plus jeunes que les premiers jours du printemps, la sève encore glacée.
On nous dit que le train est en formation, mais quand enfin la foule coule vers le quai numéro 15, on découvre en passant près d'une voiture de première classe que l'homme aux cheveux blancs à la vitre c'est le premier ministre, que les civils affairés sur le quai sont des policiers, et qu'on a sans doute retardé l'affichage et le départ du train pour permettre à monsieur Ayrault et aux ministres qui l'accompagnent de s'installer en évitant la cohue.
On s'installe, tout le monde est encombré de bagages et les voitures trop petites n'ont pas assez d'espace pour tout caser, les allées sont bourrées de valises. Tout le monde dort à peu près. G. lit des magazines, les enfants regardent un film, je lis le début de L'Infini d'Isabelle. Je vois le lever du soleil et la brume sur la Bourgogne en lisant le paragraphe qu'elle a écrit sur la brume de Brueghel.
Plus tard j'ouvre le magazine scientifique que j'ai acheté à la gare. Il parle de la domestication des loups au paléolithique et de l'assèchement inéluctable de la mer Morte.
On arrive, Am. est venue nous chercher en voiture. Chez elle on retrouve Gu., son compagnon, et leur petite fille d'un an. On déjeune, Am. est enceinte, elle nous l'annonce à table. La petite est très jolie, un peu farouche. Elle mord un jouet en bois en forme de 8.
L'après-midi je m'endors en lisant le magazine scientifique, assis dans le coin du canapé. Au moment où Se. et Pi. arrivent, Be. explique à Marceau que le symbole de l'infini est un huit couché. Je sors de mon sac le texte à corriger mais je cale. Et redescends dans le grand salon-cuisine, où sont réunis tous ceux avec qui je vais passer la semaine à venir.
Nous sommes chez Am., la soeur de G., avec Gu. son compagnon et Ca. leur fille. Il y a là G. ma compagne, C. et M. nos deux fils. Hier est arrivée Be., la mère de G. et Am., tandis que nous rejoignent dans l'après-midi Pi., frère de G. et Am., et Se., ex-mari de Be. et père de Am. et Pi. Il fait gris, mais sans froid.
Le soir reçu message inquiétant de l'amie québécoise, en pleine crise d'allergie, à cause du stress dit-elle, traitement lourd, elle est épuisée et comme saoule, dit-elle.
J'ai oublié à Paris le livre que j'avais choisi. Je lis un peu L'Infini et m'endors.
jeudi 20 décembre 2012
Emballé les cadeaux, séché le linge à la laverie d'en face, bouclé les sacs, rangé la maison. Couru, pour des papiers, des chaussures, des clés, de la nourriture pour les poissons. Choisi le livre que j'emporterai demain — L'Insurgé de Vallès que m'a offert Arnaud, l'écriture ahurissante de nos prétendus "classiques". Je télécharge aussi L'Infini de la camarade Isabelle.

|
Accueil
Mail
RSS
_____
1212
1209
1203
1202
1201
1112
1111
1110
1109
1106
1105
1104
1103
1012
1011
1010
1009
1007
1006
1005
1004
1003
|